L’année 2008 s’achève sur une triste réalité : la crise d’abord financière est devenue une crise économique bien réelle touchant de plein fouet nos
concitoyens. C’est donc désormais une crise sociale que traverse notre pays. La litanie des plans de licenciement est incessante et les journaux nous en dressent une liste, malheureusement, sans
relâche. Mais les dégâts sont plus profonds encore. D’abord car nombre d’entreprises mettent leurs salariés au chômage technique avant les fêtes de fin d’année : c’est tout le tissu
industriel de notre pays qui est ainsi touché, et plus particulièrement encore le secteur automobile. Mais plus encore, et en Seine-et-Marne ce
constat est cruellement d’actualité, ce sont bien les Très Petites Entreprises (TPE) et les Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui constituent
pour une bonne part le substrat de notre tissu industriel, qui sont touchées de plein fouet. Mais ces réductions de personnels se font en quelque sorte sans bruits, sans ou presque accompagnement
social. Sans bruits mais pas sans dégâts humains.
Face à cette crise, on ne peut qu’être réservé devant les réponses apportées parle gouvernement. Ces réserves sont de plusieurs ordres.
D’abord, constatons que loin de participer à un plan de relance européen, elles sont purement hexagonales. Ainsi, le plan de relance dit européen présenté en grandes pompes par la Commission et
le président en exercice de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy, n’est que l’addition des plans nationaux. Relevons ensuite que les 26 milliards d’€ avancés par le président de la République ne
sont en fait que le recyclage d’annonces précédentes. On peut ainsi estimer que ce plan de relance n’est en réalité – comparé au Budget primitif de 2008 – que de 4 à 5 milliards d’€ ! De
plus, on ne peut malheureusement que relever qu’une grande partie des sommes sont mobilisées pour des investissements d’infrastructures dont l’hypothétique effet de relance n’interviendra au
mieux qu’en 2010-2011.
De même, on peut regretter que cette mobilisation budgétaire ne concerne que peu des secteurs plus immédiatement « rentables » et surtout aurait due s’attacher à préparer l’avenir.
Enfin, alors que chacun sait que l’une des origines de cette crise financière est le fruit de la politique de restriction salariale notamment aux Etats Unis, ce pan d’un réel plan de relance est
totalement absent. Gageons d’ailleurs que le Gouvernement de François Fillon, d’ici à la fin du mois de janvier, proposera un nouveau plan de relance. Indéniablement, les choix opérés par la
majorité présidentielle au début du mandat en faveur des plus aisés de nos concitoyens avec un paquet fiscal de près de 15 milliards d’€ ont grevé les finances publiques – et donc la capacité
budgétaire à relancer une machine économique qui en a bien besoin.
Ainsi, loin du « travailler plus pour gagner plus » de la présidentielle, la réalité de la politique de Nicolas Sarkozy conduit à un « travailler moins pour gagner
moins » ! Cette réalité, loin d’être le fruit de la seule crise financière et économique actuelle, est le résultat d’une politique économique injuste et inefficace menée depuis 18
mois !
Tout ceci conduit à une situation budgétaire inquiétante. Un budget qui dérape avec un déficit prévisionnel en 2009 de plus de 80 milliards d’€ et une charge de la
dette de près de 45 milliards d’€. Excusez du peu !
Face à cette crise, le Parti socialiste n’a pas manqué d’avancer des propositions fortes au Parlement. Nous en avons déjà parlé sur ce site. Mais le 20 janvier, à
l’issu d’un travail collectif et sérieux, le Parti socialiste entend aller plus en proposant un plan de relance global venant compléter ces
propositions précédentes avec un double souci : répondre aux nécessités de la crise en soutenant le pouvoir d’achat mais également l’investissement en l’avenir, tout en prenant garde à la
dégradation des comptes publics depuis 2002.
Dans ce cadre, où toutes les énergies devraient être mobilisées pour lutter contre cette crise financière, économique et sociale,
force est de constater que les opérations de diversion – pour autant touchant aux principes – se poursuivent : ainsi du projet de loi sur l’audiovisuel conduisant à la fin progressive de la
publicité sur les antennes publiques, mais aussi à la modification de la procédure de nomination de leurs présidents.
Tout ceci paraît bien trop précipité pour ne pas soulever des interrogations. Chacun le sait, la suppression des publicités sur les chaînes publiques n’est pas en soit une mesure
blâmable. Par contre, ce qui doit être combattu, c’est bien ce choix de diminuer les moyens des médias publics alors même que chacun sait qu’ils sont
déjà insuffisants pour permettre à ces médias de mener à bien leurs missions. Et comment ne pas être abasourdi par le choix du gouvernement – devant le travail parlementaire mené avec efficacité
et pugnacité par l’opposition – d’imposer au président de France Télévision – dont le mandat est par ailleurs en jeu – de faire supprimer les écrans publicitaires après 20h à partir du 5 janvier
avant même que ce projet de Loi ne soit voté par les Assemblées. On ne peut d’ailleurs à cet égard manquer de s’interroger sur le calendrier de cette réforme au moment même où les principales
chaînes privées sont confrontées à la montée en puissance des chaînes de la TNT, notamment sur le marché publicitaire !
Et que dire du second volet de ce projet de Loi qui prévoit la nomination directe des présidents de France Télévision et de Radio France par…le président de la République. Quel recul là encore
par rapport aux avancées obtenues sous les gouvernements de gauche successifs ! L’ORTF ressusciterait-elle sous forme d’un ORTS ? On peut tout de même plus que légitimement
s’inquiéter.
Quant au projet de Loi sur le travail du dimanche, on touche là à la fois à l’essentiel tout en frisant le ridicule. A l’essentiel car ce texte à son origine sous
prétexte du volontariat laisse à croire que les salariés disposent d’une liberté de choix individuelle par rapport à leurs directions alors même que les entreprises mettant en œuvre des
dérogations le dimanche le font dans le cadre de conventions collectives. Mais surtout, il s’agit là de revenir sur une conquête sociale majeure
imposant ce jour de repos hebdomadaire. D’ailleurs lorsque la question est posée à nos concitoyens, près de ¾ d’entre eux ne se déclarent pas prêts à travailler le dimanche. Des moments doivent
en effet être consacrés à d’autres activités que le seul travail. Gageons que la bataille parlementaire menée avec efficacité pour l’opposition parlementaire se poursuivra au-delà des fêtes de
fin d’année. Ridicule également car comment caractériser autrement l’entêtement du président de la République, in fine contraint par sa propre
majorité parlementaire à revoir à la baisse son projet. Mesdames et Messieurs les député(e)s de l’UMP, encore un effort !
A cet égard, quelques semaines après la révision de la Constitution censée renforcer les pouvoirs du Parlement et singulièrement de l’opposition, on ne peut que s’émouvoir à tout le moins des
projets de la majorité présidentielle restreignant fortement les possibilités pour l’opposition parlementaire de mener à bien sa mission de mise en accusation des projets du
Gouvernement !
Dans ce contexte bien anxiogène pour nos concitoyens, la responsabilité des socialistes – de tous les socialistes – est essentielle. Au lendemain d’un Congrès long, confus, n’ayant à l’évidence
pas tenu toutes ses promesses, le PS n’en dispose pas moins d’une Première secrétaire entourée d’une équipe profondément renouvelée. Le Congrès est bel et bien désormais derrière nous. C’est un
parti en capacité de combattre et de proposer que les Français attendent. Relevons d’ailleurs que les élections partielles récentes montrent que nos concitoyens se servent encore du bulletin
« PS » pour condamner l’action de l’UMP. C’est à nous socialistes de conforter ces choix dans les semaines et les mois à venir.
A cet égard, les prochaines élections européennes du 7 juin 2009 sont cruciales. D’abord pour faire en sorte qu’au Parlement européen émerge une majorité de gauche
capable de remettre l’Union sur les rails de la justice sociale, d’un nouveau modèle de développement. Faire de notre Europe, une construction démocratique et politique nécessite de proposer à
nos concitoyens un projet à la hauteur des enjeux et identique dans l’ensemble de nos 27 pays membres ! C’est chose faite, en partie, avec l’adoption du Manifeste du Parti Socialiste
Européen. Il s’agit maintenant pour les socialistes européennes d’aller au devant de nos concitoyens. Très vite, les socialistes français, en Seine-et-Marne comme ailleurs, se remettront à la
tâche pour la construction d’une Europe répondant aux défis de demain.
Emeric Brehier
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