A la veille des élections européennes, dont on peut craindre non pas les résultats mais bien la faible mobilisation électorale qu’elles semblent susciter, il m’apparaît important de les resituer dans un contexte historique quelque peu plus large !
Bien sûr 1989 résonne en France comme le bicentenaire de la Révolution française. On oublie peut être un peu aisément et rapidement que cette année fut surtout celle de deux grandes révolutions démocratiques. L’une loin du continent européen, en Chine. Ces derniers jours les médias nous ont avec juste raison rafraichit la mémoire de cette révolution avortée symbolisée par la place Tienanmen. Le nombre de morts, de disparus, de condamnés, et de déportés demeurent encore à ce jour et on peut le craindre encore pour longtemps, inconnu. Hillary Clinton a eu raison d’insister avec force auprès des autorités chinoises pour obtenir ces éléments. Force est de constater que ce grand pays qui s’éveille depuis de nombreuses années, qui a connu une forte croissance économique, est aussi le théâtre d’une explosion des inégalités sociales comme rarement ce pays n’en a connu. C’est donc vingt ans après à un double enjeu majeur qu’est confronté ce pays : celui de sa démocratisation sociale et politique. La commémoration des massacres de Tienanmen ne doit pas nous faire oublier – au Tibet comme ailleurs – que l’éveil économique n’induit pas la réalisation de conquêtes démocratiques.
Une autre révolution démocratique inonde l’Europe cette même année 1989. Ce fut un nouveau réveil des peuples qui subissaient depuis alors plus de quarante années le joug soviétique. De Solidarnosc à la « Révolution de velours », nul pays de l’Europe dite alors de l’Est n’évita ces bouleversements démocratiques. On l’a oublié trop vite mais cette étape majeure – symbolisée et de quelle manière par la chute du Mur de Berlin – signifia la réunification politique d’un continent divisé par la guerre froide. L’apothéose de cette Libération fut bien l’élargissement de l’Union Européenne en 2004, venant ainsi presque clore cette formidable démocratisation du continent européen entamée par la chute de Salazar au Portugal, du régime des colonels en Grèce et de la mort de Franco en Espagne. Même si, convenons en, cet élargissement qui aurait dû être accompagné d’un projet politique majeur, avec les moyens budgétaires afférents, n’a pas été aussi bien mené qu’il aurait dû l’être. Et que ceci ne fut sans doute pas sans conséquences sur la désaffection des peuples et des citoyens européens vis-à-vis de la construction européenne.
Au travers de ces deux rappels, c’est bien un appel aux urnes que je lance, très modestement. Le droit de choisir son avenir se conquiert chaque jour mais également au moment des élections ! Alors, saisissons nous de ce moment démocratique pour faire vivre justement cette…démocratie européenne.
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