<![CDATA[Premier Secrétaire Fédéral]]> http://www.brehier.com/ Site d'Emeric Brehier, 1er secrétaire fédéral de Seine et Marne et candidat aux législatives 2007 dans la 7ème circonscription de Seine et Marne (cantons de Chelles, Lagny, Vaires, Claye-Souilly) fr http://fdata.over-blog.net/0/17/27/24/avatar.png <![CDATA[Premier Secrétaire Fédéral]]> http://www.brehier.com/ Mon, 29 Jun 2009 03:01:44 +0200 Mon, 29 Jun 2009 03:01:44 +0200 Over-blog.com RSS 2.0 Engine Copyright 2009, Emeric BREHIER Politique http://www.rssboard.org/rss-specification/ <![CDATA[Primaires ouvertes.]]> http://www.brehier.com/article-32638099.html Martine Aubry a donné 6 mois au Parti Socialiste pour assumer sa rénovation et sa clarification intellectuelle, sa rénovation et sa clarification organisationnelle. C'est un débat important pour l'avenir du Parti Socialiste et de toute la Gauche en général qu'il s'agit de mener à son terme.

Pour ma part, en dépit des obstacles et incertitudes qui demeurent encore,  j'y suis totalement favorable. J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer pourquoi et je ne manquerai pas dans les prochains mois d'y revenir.

En attendant, si vous aussi vous êtes favorable à la mise en place de ces primaires ouvertes lancées par Pierre Moscovici, vous pouvez signer la pétition en suivant le lien: Primaires Ouvertes.


 

 

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Sun, 14 Jun 2009 16:20:00 +0200 http://www.brehier.com/article-32638099.html http://www.brehier.com/article-32638099-6.html
<![CDATA[Changer ou disparaître?]]> http://www.brehier.com/article-32488110.html

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Wed, 10 Jun 2009 16:45:00 +0200 http://www.brehier.com/article-32488110.html Démocratie et vie Institutionnelle http://www.brehier.com/article-32488110-6.html
<![CDATA[1989-2009 : 20 ans après]]> http://www.brehier.com/article-32294520.html A la veille des élections européennes, dont on peut craindre non pas les résultats mais bien la faible mobilisation électorale qu’elles semblent susciter, il m’apparaît important de les resituer dans un contexte historique quelque peu plus large !

Bien sûr 1989 résonne en France comme le bicentenaire de la Révolution française. On oublie peut être un peu aisément et rapidement que cette année fut surtout celle de deux grandes révolutions démocratiques. L’une loin du continent européen, en Chine. Ces derniers jours les médias nous ont avec juste raison rafraichit la mémoire de cette révolution avortée symbolisée par la place Tienanmen. Le nombre de morts, de disparus, de condamnés, et de déportés demeurent encore à ce jour et on peut le craindre encore pour longtemps, inconnu. Hillary Clinton a eu raison d’insister avec force auprès des autorités chinoises pour obtenir ces éléments. Force est de constater que ce grand pays qui s’éveille depuis de nombreuses années, qui a connu une forte croissance économique, est aussi le théâtre d’une explosion des inégalités sociales comme rarement ce pays n’en a connu. C’est donc vingt ans après à un double enjeu majeur qu’est confronté ce pays : celui de sa démocratisation sociale et politique. La commémoration des massacres de Tienanmen ne doit pas nous faire oublier – au Tibet comme ailleurs – que l’éveil économique n’induit pas la réalisation de conquêtes démocratiques.

Une autre révolution démocratique inonde l’Europe cette même année 1989. Ce fut un nouveau réveil des peuples qui subissaient depuis alors plus de quarante années le joug soviétique. De Solidarnosc à la « Révolution de velours », nul pays de l’Europe dite alors de l’Est n’évita ces bouleversements démocratiques. On l’a oublié trop vite mais cette étape majeure – symbolisée et de quelle manière par la chute du Mur de Berlin – signifia la réunification politique d’un continent divisé par la guerre froide. L’apothéose de cette Libération fut bien l’élargissement de l’Union Européenne en 2004, venant ainsi presque clore cette formidable démocratisation du continent européen entamée par la chute de Salazar au Portugal, du régime des colonels en Grèce et de la mort de Franco en Espagne. Même si, convenons en, cet élargissement qui aurait dû être accompagné d’un projet politique majeur, avec les moyens budgétaires afférents, n’a pas été aussi bien mené qu’il aurait dû l’être. Et que ceci ne fut sans doute pas sans conséquences sur la désaffection des peuples et des citoyens européens vis-à-vis de la construction européenne.

Au travers de ces deux rappels, c’est bien un appel aux urnes que je lance, très modestement. Le droit de choisir son avenir se conquiert chaque jour mais également au moment des élections ! Alors, saisissons nous de ce moment démocratique pour faire vivre justement cette…démocratie européenne.

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Fri, 05 Jun 2009 19:32:00 +0200 http://www.brehier.com/article-32294520.html Europe et International http://www.brehier.com/article-32294520-6.html
<![CDATA[« Un programme, une majorité et un candidat pour changer l’Europe »]]> http://www.brehier.com/article-32293997.html Déclaration de personnalités de la famille socialiste et social-démocrate

La crise en cours a ouvert une période de choix historiques. Elle peut conduire soit à une dépression avec chômage de masse mêlée à un repli économique et politique, soit à une opportunité unique de faire émerger un nouveau modèle de croissance fondé sur plus de justice sociale et le développement durable, et lié à une réforme de l’ordre international.

Les socialistes et les sociaux-démocrates ont une responsabilité centrale face à ces choix historiques. C’est à eux de présenter des propositions pour cette transformation. C’est à eux de lutter pour le leadership au niveau national, européen et international.

C’est pourquoi les prochaines élections européennes sont particulièrement décisives. Les socialistes et les sociaux-démocrates ont déjà été capables de présenter un plan pour surmonter cette crise qui définit une vraie alternative et qui montre pourquoi une solution durable exige une Europe plus forte, capable d’éviter le chômage de masse, de coordonner la relance économique, de réformer le système financier, de promouvoir une croissance verte et intelligente et de s’affirmer comme un véritable acteur global dans la réforme de l’ordre mondial.

L’alternative socialiste et sociale-démocrate est claire. Il faut maintenant la traduire dans les meilleurs résultats électoraux en vue de renforcer la présence des socialistes et des sociaux-démocrates dans les institutions européennes, pas seulement dans le Parlement Européen mais aussi dans la Commission et au Conseil.

Le Parti Populaire Européen (PPE) a déjà présenté son candidat officiel pour la Présidence de la Commission européenne. C’est avec espoir que les socialistes et les sociaux-démocrates et beaucoup d’autres progressistes attendent un candidat provenant du Parti Socialiste Européen, le seul parti européen qui peut disputer le leadership au PPE. Dans la situation économique et politique présente, une nouvelle majorité peut naître au Parlement Européen, créant une vraie chance pour un candidat du Parti Socialiste Européen.

C’est dans ce but que nous adressons cet appel aux socialistes et aux sociaux-démocrates, sur la base de notre responsabilité historique commune, afin que ce pas fondamental soit franchit.

Signataires : Felipe GONZÁLEZ, ancien Président du Gouvernement de l’Espagne, Lionel JOSPIN, ancien Premier ministre de la France, Paavo LIPPONEN, ancien Premier ministre de la Finlande,Aleksander KWASNIEWSKI, ancien président de la république de la Pologne, Gerhard SCHROEDER, ancien Chancellier de l’Allemagne, Constantino SIMITIS, ancien Premier ministre de la Grèce, Mário SOARES, ancien Président de la république et Premier ministre du Portugal, Franz VRANITZKY, ancien Premier-ministre de l’Autriche.

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Fri, 05 Jun 2009 19:16:00 +0200 http://www.brehier.com/article-32293997.html Europe et International http://www.brehier.com/article-32293997-6.html
<![CDATA[Jacques Delors : “Donnez aux socialistes européens les moyens de changer l’Europe”]]> http://www.brehier.com/article-32293908.html


A quatre jours d’un scrutin déterminant pour l’avenir, Jacques Delors, ancien président de la commission européenne, rappelle qu’aujourd’hui, seuls les socialistes européens peuvent incarner l’Europe, solidaire, juste, puissante, exemplaire, telle que l’ont imaginée et voulue ses pères fondateurs…



Appel au vote PS de Jacques Delors

« Après 50 ans de vie commune, on peut parler de notre Europe, de votre Europe…votre Europe telle que depuis 50 ans, les pères de l’Europe et vos aînés l’ont imaginée et voulue. Fruit de la réconciliation entre les peuples, pierre angulaire de la paix et de la compréhension mutuelle entre les peuples, de l’extension de la sphère de solidarité à tous les peuples. Votre Europe, telle que vous l’aimez, a permis à nos économies de se reconstruire après guerre et de se moderniser, à développer des possibilités d’échanges et la connaissance de nos différents peuples, à stimuler la croissance et à développer l’emploi. Par exemple de 1985 à 1992, cette Europe a créé 15 millions d’emplois. Pourquoi ne le ferait-elle pas demain ?

 

Malheureusement votre Europe vous a délaissés ces dernières années parce qu’elle a été séduite par « le dieu finance ». Elle subit la tyrannie du court terme, alors que le projet européen est fondé sur la mémoire et le long terme. Au nom du marché, elle a cédé aux faux attraits de l’économie de casino, gains rapides et faciles pour les uns, licenciements et pertes d’emplois pour les autres. Et ce, avec la complicité ignorante ou voulue des gouvernements de droite.

Alors, il faut un nouvel espoir pour votre Europe. Finis les divisions, les ignorances et les non-dits entre les socialistes des 27 pays. Un programme dynamique et commun face à la crise, une réaction coopérative de l’Europe et non pas comme c’est le cas aujourd’hui avec les gouvernements de droite, une simple addition des plans nationaux. La perspective encourageante, enthousiasmante, d’un nouveau modèle de développement sortira de la crise avec comme dominante le respect de la nature, le respect de chaque homme, l’épanouissement de toutes les personnes. Une Europe plus exemplaire qui fera entendre sa voix et défendre ses intérêts dans le monde. C’est la chance que vous offre le mouvement socialiste. Donnez-lui les moyens de gagner. Votre vote, c’est un acte de citoyen solennel. Ce n’est pas un moment banal. Et c’est un vote solidaire, solidaire de tous les Européens qui souffrent de la crise, d’une société injuste, effrayés par la mondialisation. Votre vote, c’est un vote utile avec la garantie que vos élus auront la dimension nécessaire pour être représentés au Parlement. Le vote utile et le vote citoyen pour peser sur ce Parlement, qui avec des pouvoirs croissants, deviendra, j’en suis sûr, le lieu du renouveau de l’idéal européen. »

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Fri, 05 Jun 2009 19:11:00 +0200 http://www.brehier.com/article-32293908.html Europe et International http://www.brehier.com/article-32293908-6.html
<![CDATA[Les sept paradoxes du 7 juin]]> http://www.brehier.com/article-31986279.html Il y a trente ans, le Parlement européen était un objet, symbole d’une construction porteuse de tant d’espoirs. Il avait peu de pouvoirs, mais beaucoup d’électeurs. En 1979, 63 % des citoyens s’étaient rendus aux urnes. Aujourd’hui, le Parlement européen est devenu un sujet, acteur puissant d’une Union européenne plus intégrée et
plus élargie. Il est habilité à approuver et à destituer la Commission. Il vote le budget et la quasi-totalité des « lois » – on se souvient du rôle positif qu’il a joué pour modifier la directive « services », la fameuse directive Bolkestein. Il est à l’origine directe de 60 à 70 % des textes adoptés dans chacun de nos pays. Il a donc maintenant
beaucoup de pouvoirs... mais il lui reste peu d’électeurs....


Pour lire la suite cliquez sur l'image ci-dessous.

 

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Thu, 28 May 2009 21:21:00 +0200 http://www.brehier.com/article-31986279.html http://www.brehier.com/article-31986279-6.html
<![CDATA[Faut-il faire encore l'europe politique?]]> http://www.brehier.com/article-31652110.html Olivier Ferrand, président de Terra Nova, Auteur de « L’Europe contre l’Europe » (Ed. Hachette Littératures)

Dans le cadre de son partenariat avec Le Nouvel Observateur, Terra Nova organise le jeudi 21 mai prochain un débat entre Daniel Cohn-Bendit et Pierre Moscovici, dans le cadre des élections européennes, sur le thème : « faut-il encore faire l’Europe politique ? ». Ce débat aura pour point de départ cette note publiée par Terra Nova.
La réponse est oui : l’Europe politique est plus que jamais nécessaire, et encore possible....

Cliquez zur l'image pour avoir la suite.

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Wed, 20 May 2009 14:15:00 +0200 http://www.brehier.com/article-31652110.html Europe et International http://www.brehier.com/article-31652110-6.html
<![CDATA[Le programme du PSE pour les élections européennes]]> http://www.brehier.com/article-31490980.html Les 33 partis socialistes et sociaux-démocrates de l'union européenne ont élaboré à l'unanimité un manifeste commun concernant leur vision de l'Europe et leur programme d'action commun.

Plus que jamais l'enjeu des élections européennes sera une question de choix politiques : il s'agira de choisir entre une Europe progressiste qui lutte activement pour les progrès sociaux, environnementaux, en promouvant la justice sociale, la sécurité et l'égalité des citoyens, et une Europe à droite, majorité sortante depuis plus de 15 ans au parlement européen et dont on voit les résultats aujourd'hui, réactionnaire, qui laisse une totale liberté à la loi du marché et aux forces de l'argent échappant à tout contrôle démocratique, agitant les peurs (des uns et des autres, sur notre sol ou à l'extérieur) pour mieux restreindre les libertés individuelles.

 
Parmi les axes forts de ce manifeste il faut souligner les volontés suivantes :

* relancer l'économie et éviter le retour des crises financières : la crise actuelle a révélé les carences d'un système de marchés sans règles mis en place par la droite ; la main invisible du marché et l'auto régulation sont des credo irréalistes, absolument non pragmatiques et favorisant une minorité de riches rentiers et héritiers.
- encadrer les marchés financiers pour favoriser l'économie réelle, réformer pour baisser la pression sans cesse croissante que subissent nos travailleurs, pour lutter contre les précarités et les inégalités sociales profondes
- une stratégie européenne pour une croissance écologique, créatrice d'emplois
- moderniser l'économie pour la mettre au service des travailleurs et des entrepreneurs, il ne s'agit pas de travailler plus en espérant éventuellement en être récompensé, mais de travailler mieux pour mieux vivre !

* faire progresser la justice sociale et protéger les droits des citoyens car les menaces pour la démocratie et les droits de la personne n'ont pas disparu. Si les frontières européennes n'arrêtent pas le terrorisme et la criminalité, pour autant nous voulons les empêcher sans mettre en péril les droits fondamentaux que sont la liberté d'expression, de manifestation et la protection des données personnelles

* mettre l'Europe en tête de la lutte contre le changement climatique avec notamment une politique du climat et de l'énergie plus ambitieuse. Il faut dans les délais les plus brefs que l'Europe se donne les moyens de devenir leader mondial dans les nouvelles technologies "vertes", cela est urgent pour la planète et nos enfants, cela est urgent pour nos emplois et nos économies !

* parvenir à l'égalité des sexes en Europe. si des progrès indéniables ont été accomplis, il reste des inégalités de rémunération, de stabilité d'emploi et de précarité qui défavorisent les femmes sans compter l'exploitation et la violation des droits de millions de femmes dans le monde. Le niveau d'avancement d'une civilisation se voit avant à travers le prisme des droits des femmes et nous nous engagons pour le renforcement des droits effectifs des femmes à travers l'Europe.

* donner à l'Europe une politique d'immigration pour le progrès à partir de nos valeurs de justice, de démocratie et de défense des droits de l'homme et de solidarité. En quelques mots il s'agit tout à la fois de lutter contre l'immigration clandestine, de garantir une politique humaine et juste d'accueil des réfugiés, d'organiser une immigration légale quand il y a des besoins de main d'oeuvre avérés, et de faciliter l'intégration des immigrés dans leur nouvelle communauté avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Le 07 juin il faudra bien faire la différence : les citoyens d'abord ! Il faut changer l'Europe, lui donner un nouveau sens, plus solidaire, plus respectueux de l'humain et de la planète !

Le manifesto est disponible sur  http://www.parti-socialiste.fr
Vous voulez contacter le parti socialiste de Chelles ? C'est ici : http://www.ps-chelles.net
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Sat, 16 May 2009 15:19:00 +0200 http://www.brehier.com/article-31490980.html http://www.brehier.com/article-31490980-6.html
<![CDATA[Commissions d'enquête: faire sauter le verrou]]> http://www.brehier.com/article-30881622.html

En France, les commissions d’enquête parlementaire n’ont pas l’influence que l’on peut trouver aux Etats-Unis ou dans d’autres démocraties occidentales.

Le coupable est un petit alinéa caché dans un article 6 figurant dans une ordonnance adoptée il y a 51 ans, le 17 novembre 1958, et qui organisait le fonctionnement des assemblées parlementaires.

En effet, dans ce texte il est écrit : «Il ne peut être créé de commission d’enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter».

Seul le contexte de l’époque pouvait expliquer cette restriction: le constituant souhaitait limiter les prérogatives du pouvoir législatif. Mais alors que la situation a changé, le frein est resté.

Je vais saisir aujourd’hui, l’occasion d’une révision de cette ordonnance souhaitée par Bernard Accoyer pour tenter de le faire sauter. En effet, ce mardi, l’Assemblée nationale va préparer juridiquement la réforme du règlement de l’Assemblée que la commission des lois va débuter demain mercredi. En effet, avant de créer par exemple un «comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques», il faut supprimer les «offices parlementaires» qui existent et donc toucher à cette fameuse ordonnance.

En commission, il y a 15 jours, l’UMP est restée sourde. Certains de mes collègues arguant de la  séparation des pouvoirs pour refuser de desserrer l’étau. J’avoue ne pas avoir saisi leur argumentation car alors même que ce principe existe dans toutes les démocraties, une telle restriction n’existe pas.

Ainsi, l’article 82 de la Constitution italienne prévoit que la commission d’enquête procède aux investigations et aux examens avec les mêmes pouvoirs et les mêmes limites que l’autorité judiciaire ; il en va de même pour l’article 44 de la Loi fondamentale de la République fédérale allemande ou pour l’article 76 de la Constitution du Royaume d’Espagne... Des Constitutions prévoient même que les commissions parlementaires puissent bénéficier de l’appui de magistrats.

J’ajoute qu’une commission d’enquête n’a en rien les mêmes prérogatives que la justice puisqu’elle tend à donner au législateur les moyens de faire évoluer la législation et non à déterminer des responsabilités civiles ou pénales.

En définitive, cette restriction n’a qu’une conséquence : empêcher le Parlement de s’informer sur les questions qui suscitent le plus grand intérêt… ou alors le contraindre de se livrer à des contorsions pour arriver à sortir du principe qui pèse sur lui comme ce fut le cas quand l’Assemblée décida d’enquêter sur le SAC ou sur le financement des partis politiques.

Je vais donc revenir à la charge en voulant croire qu’il n’est pas vain d’en appeler au bon sens. Cet amendement n’est pas a priori dirigé contre le gouvernement mais conçu pour la démocratie.

Il suffit de se rappeler le sang contaminé. Tous les pays européens ont connu le même drame, mais il n’y a que chez nous qu’il a pris la dimension politique et interminable que l’on se rappelle. Ailleurs, des commissions d’enquête parlementaire ont été aussitôt formées. Elles ont permis un examen public et contradictoire de ce qui s’était produit. Il en a résulté la mise en lumière du rôle de l’Etat et de son action en fonction des incertitudes et des circonstances.

C’est le pays tout entier, et non l’opposition, qui aurait intérêt à ce qu’on puisse s’épargner des traumatismes comparables dans l’avenir.


Jean Jacques Urvohas, député du Finistère (PS)

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Thu, 30 Apr 2009 23:14:00 +0200 http://www.brehier.com/article-30881622.html Démocratie et vie Institutionnelle http://www.brehier.com/article-30881622-6.html
<![CDATA[Les premières leçons de la crise - Par Lionel Jospin -(Discours donné à Montréal, 20 avril 2009)]]> http://www.brehier.com/article-30759757.html Je remercie l’Université de Montréal de m’avoir invité à participer au 5ème

anniversaire de son Centre d’Etudes et de Recherches Internationales et de m’avoir convié à

m’exprimer devant vous par une conférence.

 

Le thème choisi pour mon intervention, qui sera suivie d’un débat, est celui-ci :

« Les premières leçons de la crise ».

 

La crise financière et économique qui nous frappe depuis 2008 n’est pas la

première crise globale du système économique. Mais elle est la première qui soit

véritablement mondiale. En effet, depuis les années Trente, voire depuis les chocs pétroliers

des années soixante-dix, le nombre des grands acteurs économiques s’est accru et l’unification

du globe par la communication et les marchés fait qu’aucune zone de la planète n’est

épargnée par la tempête.

 

Pour tirer des leçons de la crise et apprécier les réactions des gouvernements face

à elle (en particulier après le sommet économique dit G20 du 2 avril à Londres), il importe de

bien comprendre la nature de l’ébranlement qui nous touche. C’est pourquoi je commencerai

par la mesure du choc.

 

I – Nous sommes face à une crise d’ensemble du système économique

 

1-Cette crise est d’abord financière.

 

 

Depuis l’effondrement de l’économie planifiée et la dislocation de l’URSS,

malgré la particularité du régime chinois et en dépit des aménagements profonds apportés par

les social-démocraties, on peut dire que l’essentiel du système économique mondial relève du

capitalisme. Or, assez logiquement, les crises du capitalisme commencent presque toujours

par une crise du capital.

 

-Celle-ci est, fondamentalement, une crise d’endettement. Dans ce qu’on

appelle « l’économie réelle », celle de la production et de l’échange des biens et services, le

mécanisme des prix ajuste, normalement, l’offre et la demande. Quand les prix augmentent, la

demande baisse. Dans la sphère financière, le mécanisme joue à l’inverse. Quand les prix des

actifs financiers s’élèvent, ils sont réclamés davantage, dans l’espérance de gains accrus.

Ainsi, le système ne se régule pas lui-même. Il est entraîné par un mouvement de spéculation

à la hausse qui, un jour, butte sur une crise de confiance, et se retourne.

 

-L’explication la plus fréquemment avancée pour la crise financière actuelle

est celle des dérèglements, des dysfonctionnements du système. Ils existent, indiscutablement.

Il y a les errements des fonds spéculatifs (hedge funds) non réglementés ; les dérives offertes

par des paradis fiscaux opaques et non contrôlés ; la négation, la dissimulation et la

dissémination du risque, alors que celui-ci est inhérent à la fonction de prêteur ou

d’emprunteur ; la construction de montages financiers si complexes (l’outil mathématique

aidant) que leurs conséquences échappent à leurs auteurs mêmes. À cela se sont ajoutés les

rémunérations excessives, l’appât du gain et l’imprudence des acteurs financiers ; le manque

de vigilance des banques, des agences de notation et des autorités de contrôle ; et, pour

couronner le tout, la passivité des Banques centrales et des Etats. Chacun a sa part de

responsabilité dans les dysfonctionnements.

 

-Mais en vérité, si on va au fond des choses, c’est le système économique et

financier lui-même qui est déséquilibré. Depuis trente ans, on a laissé se creuser un écart

extravagant entre la sphère financière et l’économie réelle (celle des biens et services). La

première est en effet aujourd’hui cinquante fois supérieure à la seconde.

 

En 2005, les marchés boursiers proprement dits atteignaient un montant plus élevé

que le PIB mondial : 51 Tera dollars (51 mille milliards de dollars) contre 44 Tera dollars.

 

Les transactions sur les marchés des changes, liées aux fluctuations des parités

monétaires et ayant pour objet non seulement les couvertures à terme mais aussi la

spéculation sur les monnaies, étaient plus de dix fois supérieures (avec 566 Tera dollars) au

PIB mondial.

 

Les transactions sur les produits dérivés, liées aux variations des taux d’intérêt,

aux cours de bourse, aux crédits immobiliers (dont aux Etats-Unis les fameux subprimes)

mais aussi désormais à des spéculations sur les prix des matières premières ou sur les cours du

pétrole et du gaz, excédaient de trente fois, avec 1.406 Tera dollars, le PIB mondial.

 

Pourquoi cet écart insensé et périlleux ? D’abord, parce que depuis 1971 et la

suppression par les Etats-Unis (sous le Président Nixon) de la convertibilité du dollar en or, le

monde a renoncé aux parités fixes, les taux de change sont déréglementés et fluctuent, et la

valeur des monnaies varie (sauf entre les monnaies européennes rattachées à l’Euro, même si

celui-ci bouge par rapport aux autres monnaies). Ensuite, parce que, depuis les années 1980,

les taux d’intérêt ont été déréglementés et sont eux aussi instables.

 

Pour faire face à cette double instabilité, s’est développée une industrie financière

globalisée qui, en se réclamant de « l’innovation financière », a proposé des produits de

couverture permettant notamment aux entreprises de s’assurer contre les variations de prix

(des taux de change et des taux d’intérêt). En somme, on a libéralisé les prix pour se protéger

ensuite contre leurs variations ! En est résultée une explosion folle de la sphère financière, car

de la couverture à terme on est passé bien sûr à la spéculation, le risque étant transféré, selon

des chaînes longues et complexes, à des spéculateurs qui en jouent.

 

C’est au coeur de cette logique folle qu’a surgi la crise des subprimes : des

créances immobilières américaines accordées imprudemment à des ménages fragilisés. Ces

subprimes ont pris leur source dans les produits dérivés de crédits, liés au surendettement

massif des ménages américains.

 

Les alertes à propos des déséquilibres du système n’avaient pourtant pas manqué.

Les crises, mexicaine en 1994, japonaise en 1995, asiatique en 1997 et 98, russe en 1998,

brésilienne en 1999 et argentine en 2001 avaient montré que le système financier était fragile.

En 1998, mon gouvernement avait alerté sur les risques encourus et fait des propositions de

réformes. Peu d’entre elles ont été retenues. Et, dans le climat de déréglementation et de

dérégulation qui imprégnait les milieux économiques et politiques de l’époque, le monde

financier a continué à tourner comme il l’entendait, en dédaignant le risque et en se dérobant

au contrôle. Quant à ces crises localisées, elles n’étaient pas tenues pour alarmantes, en dépit

de leur ampleur, parce qu’elles survenaient à la périphérie du système et dans des pays jugés

vulnérables.

 

Le monde s’est réveillé en 2008 avec une crise violente, qui surgissait cette fois au

coeur même de l’empire financier, à Wall Street, dans la première économie de la planète.

Rapidement, il a été clair que la tempête qui emportait ou menaçait les plus grands

établissements de la Place pouvaient conduire l’ensemble du système à la banqueroute. D’où

l’intervention massive des Banques centrales et des Etats. Et si celle-ci a stoppé la panique, il

est trop tôt pour affirmer que la crise financière est finie. Il faudrait pour cela être certain que

le système est assaini. Ce qui n’est pas le cas.

 

2 – Depuis, la crise est devenue économique, et donc sociale. En explosant, la

bulle financière a projeté ses éclats sur la sphère productive et sur le monde des échanges. Le

Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Organisation de Coopération et de

Développement Economique et nos instituts statistiques nationaux s’accordent tous, malgré

quelques écarts, sur le même diagnostic : avec une chute du PIB global de près de 3 points

d’une année sur l’autre et une croissance mondiale en 2009 à peine supérieure à zéro, nous

connaissons la plus grave crise économique depuis les années Trente.

 

 

La récession touche particulièrement les Etats-Unis, au centre du séisme, et les

pays développés qui ont laissé prospérer sans frein le capitalisme financier.

 

Mais le ralentissement n’épargne pas les pays émergents et notamment la Chine,

si dépendante de ses exportations et qui place aux Etats-Unis une bonne part de ses ressources

en devises. Or, en Chine, une croissance économique ramenée à 6 % peut avoir des

répercussions sociales plus brutales que si la récession atteint -3 % en France, où la situation

sociale est pourtant déjà tendue.

 

Quant aux pays en développement, ils seront durement frappés par la baisse des

prix des matières premières, par les retraits de capitaux privés et par une éventuelle réduction

de l’aide publique au développement.

 

Ce passage de la crise financière à la sphère économique était en tout cas

inévitable. Il y a eu d’abord l’impact mécanique de la tourmente. Celle-ci a entraîné de très

lourdes pertes de valeurs que le FMI, dans sa dernière estimation —à mon avis modeste— a

évalué à 1.500 milliards de dollars. De plus, les banques et autres établissements de crédit,

frappés directement ou ébranlés dans leur confiance, ont rapidement restreint les transactions

interbancaires et les prêts aux entreprises et aux particuliers, opérant ce qu’on a appelé un

« credit crunch ». Du coup, l’activité économique s’est rétractée, provoquant une

multiplication des faillites et des vagues de licenciements. Les secteurs de la construction et

du logement ont subi de plein fouet le marasme de l’immobilier lié à la crise des subprimes.

La consommation a fléchi à cause des situations d’insolvabilité et en raison de l’épargne de

précaution inspirée par la peur du chômage et le climat d’instabilité. Car la progression de la

crise a naturellement engendré une perte de confiance chez tous les acteurs de la vie

économique, laquelle est alors entrée dans une spirale descendante.

 

Or l’économie était déjà déséquilibrée par sa financiarisation. Au cours des trente

dernières années, la sphère financière a progressivement imposé sa loi à la sphère productive.

 

Pour assurer des revenus considérables aux actionnaires et aux acteurs financiers

—avec ces gratifications dont des exemples spectaculaires et scandaleux nous sont offerts

régulièrement par la presse de nos pays— il a été réclamé aux entreprises des taux de

rentabilité et des marges de profit déraisonnables par rapport aux normes anciennes : souvent

de l’ordre de 20 % ou plus. En conséquence, beaucoup d’entreprises ont orienté leur gestion

vers le très court terme (et la recherche du profit maximum), ont opéré des délocalisations

(vers les pays à faible coût de main d’oeuvre), ont liquidé des établissements jugés peu

rentables (selon les nouvelles normes) et recherché à comprimer leur masse salariale.

 

Cette évolution que les gouvernements ont —selon les cas— encouragée, tolérée

ou négligée, a créé un déséquilibre excessif dans la répartition des revenus entre le capital et

le travail —au détriment du second bien sûr— qui, outre son caractère injuste et ses

implications sociales, a entraîné une insuffisance de la consommation et de la demande.

 

Et c’est justement pour modérer l’impact sur l’activité économique de l’austérité

salariale —impact inévitable dans des pays comme les nôtres où les salariés représentent plus

de 80 % de la population active— qu’on a recouru à l’expédient de l’endettement. Aux Etats-

Unis, les autorités monétaires (la FED), financières (les banques, les compagnies

d’assurances, les sociétés hypothécaires), politiques (l’Administration Bush) ont

systématiquement poussé les couches moyennes et populaires à s’endetter, même

inconsidérément, par exemple pour acheter leur logement. Il est donc logique que tout ait

commencé aux Etats-Unis par la crise des subprimes. Il est cohérent aussi que les pays les

plus touchés soient ceux qui ont joué le plus de la déréglementation financière (Grande-

Bretagne, Irlande ou Islande) ou ceux qui ont connu un boom exceptionnel de l’immobilier

(comme l’Espagne).

 

On voit en tout cas combien les corrélations sont fortes entre les tendances

dominantes et les dérives du système financier, d’une part, et les mouvements de l’appareil

productif et les déformations de la répartition des revenus, d’autre part.

 

Une dernière évidence s’impose : la différence avec la crise de 1929. Sans doute

a-t-on dans les deux cas une tempête financière qui bouleverse le climat économique. Mais la

crise de 2009 ne se nourrit pas, comme sa grande devancière, des profonds déséquilibres nés

d’une guerre mondiale dévastatrice. Elle est endogène et intrinsèquement liée au mode de

fonctionnement du système lui-même. Sortir de cette crise vraiment et éviter son

renouvellement suppose de modifier celui-ci profondément.

 

II – Quelles leçons tirer de cette crise ?

 

1 – Les gouvernements ont d’abord cherché à étayer l’édifice financier et à

relancer la machine économique. Cela s’imposait.

 

-Le renflouement des institutions financières affaiblies —banques,

compagnies d’assurance, sociétés hypothécaires, fonds de placements— était indispensable

pour éviter une banqueroute générale et un désastre économique. D’ailleurs, quand on a hésité

à renflouer, comme avec Lehman Brothers aux Etats-Unis finalement abandonné à la faillite,

les conséquences ont été néfastes pour d’autres établissements qui étaient leurs partenaires.

 

Qui a opéré ces sauvetages ? Les Banques centrales et les Etats. Les premières ont

massivement injecté des liquidités dans le circuit monétaire et financier, même celles qui —

comme la Banque centrale européenne— s’étaient jusqu’alors signalées par leur orthodoxie et

leur obsession de l’inflation. Les Etats, c’est-à-dire les gouvernements, sont intervenus plus

puissamment encore en apportant aux institutions financières en péril, soit des ressources

propres (sous forme de participations au capital ou de prêts), soit des garanties, par centaines

de milliards de dollars, d’euros ou d’autres monnaies nationales. L’une des grandes leçons de

cette crise est l’incontournable réhabilitation des Etats. Les mêmes acteurs ou experts

économiques qui les sommaient encore, quelques mois auparavant, de ne pas intervenir dans

la vie économique se sont mis à réclamer aux Etats leur secours. En effet, il est apparu

clairement à tous que les seules autorités légitimes (parce que représentant les peuples) en

mesure de lever des ressources pour sauver le système financier étaient les Etats. On sait bien

sûr que ces ressources, apportées ex nihilo, devront être couvertes par l’impôt ou bien iront

nourrir la dette publique ou l’inflation. Dans tous les cas, à court ou long terme, leur poids

pèsera sur les citoyens. En attendant, ce qui est sûr, c’est que les dogmes libéraux ont volé en

éclats.

 

Les gouvernements ont aussi entrepris de relancer l’économie. Ils le font avec plus

de force en Asie, restée plus dirigiste, ou aux Etats-Unis, directement frappés par le séisme, et

avec plus de timidité en Europe, où la coordination des politiques économiques reste

malaisée. Mais partout, des plans de relance ont été élaborés afin de stimuler l’investissement

et la consommation. Pour répondre aux inquiétudes de leurs opinions publiques nationales et

aux recommandations des organisations économiques internationales, les différentes

puissances économiques ont, chacune de son côté mais sans recourir ouvertement au

protectionnisme, réalisé un effort global de relance supérieur à 2 % du PIB mondial. Sera-ce

suffisant pour sortir rapidement de la récession ? Les avis divergent, et il est sans doute trop

tôt pour en juger.

 

2 – Il faut en tout cas entreprendre maintenant une démarche d’assainissement, de

régulation puis de réforme du système monétaire et financier mondial. Ce mouvement est-il

engagé ? La réponse à cette question dépend, en partie, de l’appréciation que l’on porte sur les

conclusions du deuxième sommet économique tenu à Londres le 2 avril dernier. Ma première

impression ne concorde pas avec l’enthousiasme officiel.

 

-Il y a indiscutablement des aspects positifs dans cette rencontre. Et

d’abord le fait de réunir un G20. Lors du sommet de Washington en novembre 2008 ((tenu

sans le Président Obama non encore entré en fonction), des champs d’action avaient été

identifiés. La tenue d’une deuxième rencontre des 20 principales puissances économiques du

monde, laquelle doit se renouveler en septembre à New-York est un bon signe. D’une part

parce qu’elle marque une volonté de concertation, d’autre part parce qu’elle signifie le

remplacement d’un « club de riches », étroit et homogène, le G7, par une instance plus large,

plus diversifiée et plus représentative des nouveaux rapports de force économiques mondiaux.

 

En outre, malgré des divergences, une double volonté a été affichée à Londres :

celle d’affronter la crise économique dans un effort concerté, sans recourir au

protectionnisme ; celle de restaurer des contrôles et d’introduire une régulation dans le

système financier mondial.

 

-Mais les pas en avant accomplis par la réunion de Londres en matière de

régulation sont, à mon sens, très insuffisants.

 

Le premier pas, bien modeste, concerne les paradis fiscaux.Une liste de ceux-ci a

été établie, qui reprend celle dressée par l’OCDE. Les documents finaux du G20 indiquent

que ces centres ne pourront plus s’opposer aux enquêtes administratives et judiciaires qui leur

seront adressées. Encore faudra-t-il qu’ils en reçoivent ! Force est de constater que les paradis

fiscaux —dont on sait qu’ils ne pourraient survivre si les principales puissances économiques

décidaient d’y mettre bon ordre— ne sont pas interdits mais vont subsister. Nos banques et

nos grandes entreprises pourront continuer à y placer discrètement des fonds.

 

Le second pas, fort timide, vise les fonds spéculatifs. Seuls les fonds spéculatifs

dits « systémiques », c’est-à-dire susceptibles d’emporter le système financier tout entier, sont

directement concernés. Ils devront s’immatriculer auprès d’un superviseur. Naturellement, il

sera bien difficile de déterminer à l’avance, surtout s’ils s’abritent dans des paradis fiscaux par

nature opaques, quels fonds spéculatifs sont systémiques et surtout lesquels ne le sont pas. Si

l’on sait que les deux tiers des centaines de fonds spéculatifs résident dans des paradis

fiscaux, on ne peut qu’être inquiet de la minceur des mesures envisagées dans les deux cas.

Car l’on peut craindre, qu’une fois la tourmente passée et malgré les déclarations d’intention,

le jeu reprenne comme avant. L’interdiction des paradis fiscaux et une réglementation

rigoureuse des fonds spéculatifs restent une exigence.

 

Le troisième pas, ambivalent, touche à la mission de supervision et de contrôle du

système financier. Dans le corps du système lui-même, tout va dépendre de la mise en oeuvre,

effective ou non, des déclarations d’intention du G20 touchant les points clefs du système.

Ceux-ci concernent les ratios de fonds propres des banques, la connaissance véritable et le

contrôle réel de leur bilan, l’indépendance des agences de notation, la vigilance des autorités

de régulation, le retour à une vision saine du risque (en gros : plus la rémunération promise est

élevée plus le risque est grand), les limites à la « titrisation » (laquelle consiste à transformer

des créances en titres négociables), le confinement des produits dits « toxiques » afin

d’assainir les circuits financiers et de restaurer la confiance, enfin la question de la limitation

et du contrôle des rémunérations excessives des agents financiers.

 

Au sommet du système financier, le G20 a choisi de confier la mission de

superviser l’ensemble, non pas directement au FMI, mais à un Conseil de Stabilisation

Financière (Financial Stability Board, FSB). Celui-ci succède au Forum de Stabilité

Financière, créé en 1999, après la crise asiatique. Déjà, à l’époque, mon gouvernement avait

demandé que la supervision du système monétaire et financier soit confiée au Fonds

monétaire, un organisme officiel issu des accords de Bretton Woods (en 1944) et bénéficiant

de la légitimité internationale de la famille des Nations-Unies. Les Etats-Unis et le Royaume-

Uni avaient préféré que soit créée une instance informelle : le Forum de stabilité financière.

Son successeur, qui regroupera comme lui les superviseurs (banques, bourses, assurances) des

principales places financières, est logé à la Banque des Règlements Internationaux (BRI) à

Bâle et est largement influencé par les Banques centrales. Ainsi, ceux qui ont échoué dans la

prévention de la crise financière se trouvent parmi les bénéficiaires du sommet.

 

Quant au Fonds monétaire international, s’il collaborera avec le FSB dans la mise

en garde précoce (« early warning ») contre les risques macro-économiques et financiers, il ne

se voit pas confier la mission principale de supervision financière. Le FMI est renforcé dans

son rôle de pompier mais pas dans celui d’architecte et de régulateur. Ses ressources sont

triplées et portées à 750 milliards de dollars. Cela lui permettra de mieux venir en aide aux

pays ayant des difficultés conjoncturelles, notamment de balance de paiements. Pour que le

FMI joue un rôle accru à l’avenir, il faudra qu’il puisse approfondir la réforme qu’il a

entamée.

 

-Le G20 a malheureusement fait en outre des impasses qui peuvent se

révéler à terme dramatiques.

 

La première concerne l’hypertrophie de la sphère financière. Aucune attention ne

semble avoir été portée à l’écart insensé qui s’est instauré entre la sphère financière (avec ses

montants colossaux de transactions sur les marchés des changes et sur les marchés de produits

dérivés) et l’économie des biens et services. Ne pas pointer ce déséquilibre et ce qui

l’alimente : la spéculation, c’est d’une certaine façon s’y résigner, alors qu’il nous menace.

 

La deuxième impasse porte sur la question de la monnaie et de l’instabilité des

taux de change. On sait que, depuis 1971 et la fin de la convertibilité du dollar en or, les Etats-

Unis n’ont plus d’obligation internationale touchant leur devise. Ils ont le privilège d’émettre

librement une monnaie, le dollar, qui est, du moins jusqu’à présent, la principale monnaie

internationale de réserve et d’échange. Or ce privilège est paradoxalement à la source d’une

des principales faiblesses de l’économie américaine : l’excès de son endettement interne et

externe. Assurés de voir les gains résultant des excédents commerciaux de leurs concurrents

revenir sur leur sol sous forme de placements, les Etats-Unis s’affranchissent des disciplines

que doivent s’imposer les autres nations et les Américains s’endettent trop. D’où l’origine de

la crise récente.

 

Ce n’est pas un hasard si les dirigeants chinois ont soulevé la question des

monnaies à la veille du G20 de Londres. Ils ont évidemment un intérêt direct à cela, puisque

l’essentiel de leurs excédents sont placés en dollars. Mais évoquer la perspective d’une

monnaie internationale était pertinent. Ce n’est pas simplement faire écho à la novatrice idée

de Keynes au lendemain de la seconde guerre mondiale d’instaurer une monnaie commune :

le Bancor. C’est aussi poser la question de la volatilité des taux de change et celle des

privilèges du dollar, préjudiciables à tous, y compris aux Américains. Comme Français, j’ai

vivement regretté que dans la semaine même où était décidée la réintégration complète de la

France dans l’OTAN, le représentant de notre pays au sommet de Londres n’ait pas donné un

écho positif à l’idée chinoise. En quelques jours ont donc été abandonnées deux approches

françaises traditionnelles, issues du gaullisme et partagées par les socialistes, qui chez nous

faisaient consensus et correspondaient à une certaine idée de la France.

 

Voir le G20 esquiver la question de l’instabilité monétaire est décevant. Non

seulement parce que celle-ci est une des sources de la crise financière, mais aussi parce qu’il

n’est guère logique de mener campagne —à juste titre d’ailleurs— contre les risques du

protectionnisme (en appelant à conclure le cycle des négociations commerciales de Doha) et

de ne pas se prémunir contre les manipulations des taux de change et les dévaluations

compétitives.

 

La troisième impasse, moins surprenante dans un sommet tel que le G20, mais

que les gouvernements nationaux feraient bien de ne pas reproduire —face au sentiment

d’injustice et à la colère qui ont saisi les opinions publiques et le monde salarial devant le coût

de la crise et les profits indécents de ceux qui en sont les premiers responsables—, concerne le

partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits. Une des leçons fondamentales de la crise

—qui n’a guère été tirée jusqu’ici— est que la poursuite d’une augmentation excessive des

taux de profit a déséquilibré l’économie. D’un côté, sous prétexte de compétition, on a imposé

l’austérité salariale et poussé les ménages à l’endettement (en particulier aux Etats-Unis) pour

compenser l’effet sur la demande de la réduction relative de la rémunération du travail. De

l’autre, on a laissé proliférer les activités financières, fondées de plus en plus sur la

spéculation, voire sur la simple escroquerie, comme des scandales retentissants l’ont montré.

Un mode de fonctionnement économique différent, mieux contrôlé et débouchant sur une

meilleure répartition des revenus devra émerger si l’on veut parvenir à un nouvel équilibre

économique.

 

3 – S’interroger à nouveau sur les fins de l’économie, c’est-à-dire sur les formes

de la satisfaction des besoins humains, nous conduit à une réflexion plus large sur la crise

actuelle. Il y a en effet deux représentations possibles de la crise. Selon la première, la crise

est un brusque accès de fièvre, une attaque soudaine dont on se relève pour retrouver, guéri,

l’état normal. La crise est un problème conjoncturel qui relève d’une optique de court terme.

Dans la seconde conception, la crise n’est plus un spasme mais la manifestation d’un état

chronique, l’expression d’un marasme durable, elle révèle un « malaise dans la civilisation ».

Elle est une réalité structurelle qui exige une vision de long terme.

 

La crise actuelle emprunte sans doute aux deux conceptions. Elle est une

distorsion momentanée qu’on peut espérer effacer par une régulation adéquate. Elle est aussi

le révélateur d’un déséquilibre plus profond qui met en question notre modèle de

développement. Dans ce sens, il y a une crise dans la crise.

 

Notre monde affronte des contradictions majeures. Les inégalités de situations et

de revenus, déjà frappantes dans les pays développés et en pleine torsion dans les pays

émergents, deviennent immenses et désespérantes si on les examine à l’échelle de la planète.

Plus d’un milliard de personnes vivent avec moins de un dollar par jour. Près de trois milliard

avec moins de deux. Leur habitat est précaire, leur nourriture déficiente, leur accès à l’eau

potable aléatoire, leur droit à l’éducation mesuré chichement. Or, deux milliards cinq cent

millions d’êtres humains supplémentaires devraient nous rejoindre sur la planète d’ici 2050,

portant sans doute la population mondiale à neuf milliards. Comment les accueillir ?

 

Le développement économique est pour cela une exigence impérieuse. D’ailleurs

de nombreux pays, et parmi eux les géants chinois et indien (2,5 milliards d’êtres humains à

eux deux) se sont lancés dans un processus de développement en grand. Des centaines de

millions d’hommes et de femmes échappent ainsi à la misère et cette évolution doit être

accueillie avec espoir. Mais ces nouvelles « révolutions industrielles » opèrent des ponctions

de plus en plus lourdes sur les ressources rares. Et elles engendrent de sévères dommages. Or,

nous savons que ce mouvement va s’amplifier.

 

Pourtant, la planète souffre. Des sources d’énergie s’épuisent, des matières

premières se raréfient, des forêts sont menacées, la disponibilité en eau stagne, la

désertification progresse, des pollutions s’installent. Surtout, nous sommes dès maintenant

menacés par le réchauffement climatique et ses dérèglements. La fréquence des ouragans et

des cyclones augmente, le niveau des mers va monter avec la fonte des glaces et menacer des

îles et des littoraux (dont certains habités par des populations nombreuses). Les conditions de

vie des plus pauvres, dans les pays en développement, peuvent en être plus durement

affectées.

 

Comment éviter que la crise conjoncturelle d’aujourd’hui, avec l’accent qu’elle

met sur le court terme, nous interdise de penser la crise structurelle et le défi du long terme ?

Comment répondre à la fois à l’exigence de la croissance et à son risque ? En changeant notre

modèle de développement.

 

La lutte contre le réchauffement climatique doit être impérieusement conduite. Le

changement d’attitude de la nouvelle administration américaine, s’il se concrétise, peut être

un moteur. Globalement, les pays développés qui, depuis la Révolution industrielle ont été les

grands émetteurs de gaz à effet de serre, doivent assumer leur responsabilité historique et

accomplir la plus grande part de l’effort. Ils devront réduire de façon drastique leurs

émissions, et, pour cela, souscrire des engagements ambitieux pour l’après 2012 —il faut

l’espérer— dès cette année à Copenhague. Ils devront aussi aider les pays du sud à affronter

les conséquences déjà perceptibles du réchauffement tout en limitant —par l’implantation de

sources d’énergie renouvelables, par la réduction de l’usage massif du bois et de la

déforestation— leur apport au réchauffement. Cela exigera un effort financier considérable :

certains l’ont évalué à 50 milliards de dollars par an. Mais celui-ci est incontournable si nous

voulons éviter des catastrophes prochaines. Quant aux pays émergents, dont les émissions de

gaz à effet de serre deviennent massives, ils doivent prendre leur part de l’action collective.

 

Parallèlement, nous devons rechercher un nouveau modèle de développement. Il

serait vain de s’enfermer dans l’alternative : croissance ou non croissance. Il est plus fécond

de rechercher concrètement les voies de ce qu’on appelle aujourd’hui le développement

durable. Réduire nos consommations d’énergie, développer les formes d’énergie

renouvelables, systématiser le recyclage, mettre la recherche au service d’une économie

ambitieuse dans ses fins et mesurée dans ses moyens sont les défis à relever.

 

Nous devons compléter nos actuels instruments de mesure de la production et de

la richesse (et notamment cet indifférencié et trompeur PIB) par des indicateurs prenant en

compte les dimensions écologiques et le bien-être durable (PIB vert, Indice de bien-être

durable, Empreinte Ecologique ou Ecological Footprint). Nous ne devons pas tourner le dos à

l’idée de progrès mais en renouveler profondément le sens.

 

Le défi du développement des pays pauvres doit être relevé à grande échelle. Pour

avoir échoué à maîtriser l’emballement de notre système financier —ce qui a pour

conséquence, avec la crise économique, de pénaliser davantage les plus déshérités— nous

sommes mal placés pour leur donner des leçons de bonne gestion. Le FMI s’y était exercé

dans le passé au point d’être rejeté. En même temps, le modèle de croissance extraverti (c’està-dire dominé par les exportations) choisi par les grands pays émergents trouve aujourd’hui

ses limites, externes et internes.

 

Les pays en développement ont besoin à la fois d’accès au marché et d’aide

extérieure. Le G20 n’a fait à cet égard que de vagues promesses, en redisant son attachement

aux objectifs du Millenium. La Banque mondiale, tournée vers les projets de développement,

et l’Organisation des Nations-Unies, qui pouvait faire écho aux souhaits des plus pauvres, ont

été en peine de faire entendre leurs voix. Pourtant, trouver les voies d’un développement en

grand sur la planète, mais d’un développement plus économe tourné d’abord vers la

satisfaction des besoins élémentaires de milliards d’êtres humains, s’impose à nous pour les

premières décennies de ce siècle.

 

Comment conclure ?

 

La crise économique qui déroule désormais mécaniquement ses effets va entraîner

son lot de souffrances : augmentation massive du nombre des chômeurs, baisse des revenus,

surcroît de précarité.

 

Subiront le plus ces maux ceux qui en sont les moins responsables, car ils n’ont

pris nulle part au désastre financier qui est à leur origine.

 

La responsabilité des gouvernements est d’en abréger le cours.

 

Cette crise doit aussi être l’occasion d’une réflexion en profondeur sur le mode de

fonctionnement de notre économie et, sans doute aussi, sur notre modèle de civilisation.

 

Ce qu’on nous a asséné sur l’impérieuse nécessité de la dérégulation financière, de

la déréglementation économique et de l’abdication des Etats, sur les vertus de la

financiarisation et sur la fatalité de l’inégalité des revenus s’est révélé mensonger et, qui plus

est, dangereux.

 

Il ne s’agit pas bien sûr d’en venir à une économie administrée, d’instaurer le

protectionnisme ou de rigidifier les mécanismes du marché et du crédit. Mais d’établir des

règles et d’instaurer des contrôles dont toute activité productive, financière ou d’échange, a

besoin pour ne pas dériver.

 

Car il serait insupportable qu’on ait mobilisé autant d’argent pour porter secours à

un secteur, celui de la finance —qui a engendré tant de désordre— pour qu’après coup, tout

reprenne comme avant, avec la même avidité, la même irresponsabilité, la même impunité.

 

Tirons des leçons de la crise.

 

La régulation est indispensable à la globalisation. Elle passe par une restauration

du rôle des Etats et des organisations internationales. La répartition des richesses créées entre

le capital et le travail doit être revue dans un sens plus favorable à ce dernier, non seulement

parce que c’est juste mais parce que l’équilibre de l’économie en dépend. Cet équilibre repose

aussi, à l’échelle mondiale, sur une intégration progressive et maîtrisée des masses déshéritées

du sud dans un processus de développement préservant la nature et la vie de la planète.

L’économie doit rétablir son emprise sur la finance. L’homme affirmer sa maîtrise sur

l’économie. La création, la recherche, le savoir, la production, la solidarité doivent être placés

au premier rang des valeurs et des hiérarchies sociales dans les sociétés humaines.

 

En sera-t-il ainsi ? Peut-être, à terme, si nous tirons aujourd’hui les premières

leçons de la crise.

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Mon, 27 Apr 2009 22:41:00 +0200 http://www.brehier.com/article-30759757.html Economie http://www.brehier.com/article-30759757-6.html